maryann corbett

Ballade 37 from Other Ballades

english translation

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audio of Ballade 37 from Other Ballades
Maryann Corbett reads the poem in translation, Ballade 37 from Other Ballades by Christine de Pizan (translated from the Middle French.)

Ballade 37 from Other Ballades

original Middle French poem

Autres Balades : XXXVII

      Jadis avoit en la cité d’Athènes
      Fleur d’estude de clergie souvraine ;
      Mais, non obstant les sentences certaines
      De leur grant sens, une erreur trop vilaine
      Les decepvoit, car pluseurs divers dieux
      Aouroient, dont aucuns pour leur mieulx
      Y preschierent qu’ilz devoient savoir
      Qu’il n’est qu’un Dieu, mais mal en prist à cieux ;
      On est souvent batu pour dire voir.

      Aristote le très sage, aux haultaines
      Sciences prompt, d’ycelle cité, pleine
      De tel erreur, fu fuitis ; maintes peines
      Il en souffri Socrates qui fontaine
      De sens estoit ; fu chaciéde cil lieux
      Pluseurs autres occis des envieulx
      Pour verité dire, et apercevoir
      Peut bien chascun que partout soubz les cieulx
      On est souvent batu pour dire voir.

      Se ainsi va des sentences mondaines ;
      Pour ce le di que pluseurs ont ataine
      Sur moy, pour tant que paroles très vaines,
      Deshonnestes et diffame incertaine,
      Reprendre osay, en jeunes et en vieulx,
      Et le Romant, plaisant aux curieux,
      De la Rose, que l’en devroit ardoir !
      Mais pour ce mot maint me sauldroit aux yeux
      On est souvent batu pour dire voir.

      Princes, certes, voir dire est anyeux
      Aux mençongeurs qui veulent decevoir,
      Pour ce au pere voit on mentir le fieulx :
      On est souvent batu pour dire voir.

 

Maryann Corbett

Maryann Corbett’s third book, Mid Evil, was the winner of the Richard Wilbur Award for 2014. She is also a past cowinner of the Willis Barnstone Translation Prize. Her poems and translations have appeared in many journals and in anthologies, most recently Measure for Measure: An Anthology of Poetic Meters. Her work has been featured on Poetry Daily, Verse Daily, American Life in Poetry, and the Writer’s Almanac.

 

 

Christine de Pizan

Christine de Pizan was the first woman in France, and possibly in Europe, known to have supported herself and her family by means of her writing. She took up the pen after the death of her husband and produced several collections of poems, but she is best known now for her prose works on the role of women, such as The City of Ladies.

 

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Ballade LXXXVI from Les Cent Ballades

english translation

Ballade LXXXVI from Les Cent Ballades

original French poem

Ballade LXXXVI

Jadis par amours amoient
Et les dieux et les deesses,
Ce dit Ovide, et avoient
Pour amours maintes destresses;
Foy, loiaulté et promesses
Tenoient sanz decepvoir,
Se les fables dient voir.

Et du ciel jus descendoient,
Non obstant leurs grans hauteces,
Et a estre amez queroient
Les haulz dieux pleins de nobleces;
Pour amours leurs grans richeces
Mettoient en nonchaloir,
Se les fables dient voir.

Lors si trés contrains estoïent,
Nymphes et enchanterresses,
Et les dieux qui lors regnoient,
Satirielz et maistresses
D'amours, qu'a trop grans largeces
Mettoient corps et avoir,
Se les fables dient voir.

Pour ce, princes et princepces
Doivent amer et savoir
D'amours toutes les adresces,
Se les fables dient voir.

 

Ballade LIX from Les Cent Ballades

english translation

Ballade LIX from Les Cent Ballades

original French poem

Ballade LIX

Par ces moustiers voy venir et aler
Maint amoureux gracieux et faitis,
Qui n'osent pas a leurs dames parler
Pour mesdisans qui trop sont ententis
D'eulx agaitier, dont les amans gentilz
S'en vont souvent qu'ilz n'en ont se mal non.
Et quant ilz sont de l'eglise partis,
Sont ilz aise ? certes je croy que non.

Et se bien ont, je croy qu'au paraler
Moult chierement il leur soit departis
Car, qui se veult selon amours riuler,
Il n'a mie pour soy tous bons partis.
Amours les tient subgez et moult craintis
Que de leur fait il soit aucun renom.
Ytelle gent, soient grans ou petiz,
Sont ilz aise ? certes je croy que non.

Mais des mauvais on ne se doit mesler;
Car bien n'en ont, ne mal, mais alentis
Ilz sont d'amer et ne scevent celer ;
Malicieux, decepvans et faintis
Sont, et mauvais et en leurs fais soubtilz ;
Mais ne leur chault s'ilz sont amez ou non.
Se bien leur vient a si pou d'apetis,
Sont ilz aise? certes je croy que non.

 

 

Ballade VII from Les Cent Ballades

english translation

Ballade VII from Les Cent Ballades

original French poem

Ballade VII

Ha ! Fortune trés doloureuse,
Que tu m'as mis du hault au bas!
Ta pointure trés venimeuse
A mis mon cuer en mains debas.
Ne me povoyes nuire en cas
Ou tu me fusses plus crueuse,
Que de moy oster le soulas,
Qui ma vie tenoit joyeuse.

Je fus jadis si eüreuse
Ce me sembloit qu'il n'estoit pas
Ou monde plus beneüreuse;
Alors ne craignoie tes las,
Grever ne me pouoit plein pas
Ta trés fausse envie haïneuse,
Que de moy oster le soulas,
Qui ma vie tenoit joyeuse.

Horrible, inconstant, tenebreuse,
Trop m'as fait jus flatir a cas
Par ta grant malice envieuse
Par qui me viennent maulx a tas.
Que ne vengoyes tu, helas!
Autrement t'yre mal piteuse,
Que de moy oster le solas,
Qui ma vie tenoit joyeuse ?

Trés doulz Princes, ne fu ce pas
Cruaulté male et despiteuse,
Que de moy oster le solas,
Qui ma vie tenoit joyeuse ? *

 

* Wikisource: Christine de Pizan, Cent Ballades, VII

 

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